Médaille

Jetons sérigraphiés, pour des sets « tourisme »

Il faut savoir tout faire, ou au moins être prêt à tout essayer...

J’avais appris ça de mon professeur, Pierre Mignot, et l’avais strictement appliqué tout au long de mes années antérieures à la Monnaie. Il n’était donc pas question que je me défausse à une demande de jeton monétiforme en sérigraphie. Cette idée était venue dans nos murs parce que nos concurrents asiatiques avaient commencé à développer cette technique, et qu’il ne fallait pas laisser le terrain libre.

Dans la période de Noël 2002, la Monnaie de Paris m’a demandé de concevoir rapidement un jeton dont la face devait être réalisée en sérigraphie, pour accompagner un set de petites médailles ou jetons monétiformes touristiques.

Module 27 mm. Le thème imposé était la tour Eiffel, mondialement reconnue. Elle devait être « pétillante, festive, feu d’artifice » (sic). Pour le revers, réutilisation de l’emblématique façade de la Monnaie que j’avais précédemment modernisée. (Fig. 23)

J’ai fourni rapidement une série de quatre dessins (Fig. 02), en précisant bien que c’était seulement des idées pour alimenter la réflexion et la discussion, et pas des projets aboutis… (J’avais appris à être méfiant envers les observations de certaines personnes.)

L’exemple qui m’était donné en référence était un jeton Petit-Prince édité précédemment par la Monnaie (Fig. 03, trouvée chez Numista). J’ai observé que le motif ne remplissait pas suffisamment la surface, je me suis donc appliqué à ne pas commettre la même erreur.

La version no 2 étant choisie, je l’ai améliorée, pour arriver à cette tour Eiffel « pétillante » (Fig. 4 & 5). Je suis entré en relation avec l’entreprise qui allait réaliser la sérigraphie, de façon à comprendre leurs contraintes techniques. J’ai réalisé mes « films » selon leurs consignes, pour chacune des six couleurs. Je voulais qu’apparaisse un mince filet à droite de la Tour, qui serve à la décoller optiquement du fond, tout comme pour les gerbes du feu d’artifice. Il me fallait être très précis, il me semble avoir plutôt bien réussi ce challenge. (Fig. 6 à 9).

L’urgence était devenue une habitude de travail…

À la fin de l’année 2003, une demande semblable me revient, ayant comme thème la Provence. « Le fil conducteur est la région du Sud-Est. L’idée est de mettre un symbole représentatif de cette zone géographique (olivier, lavande, soleil) ». (Fig. 10)

Reçu le 4 novembre, j’ai mis environ 10 heures pour créer mon unique projet (Fig. 11 à 13). La chance a voulu que j’aie conservé les calques qui m’ont servi à faire la séparation des six couleurs pour la sérigraphie. Ce travail doit être particulièrement soigné, car de lui dépend tout le résultat (Fig. 14 à 22).

Nota

Lorsque j’ai entrepris de faire mes legs, en 2017, c’est au régional et au plus jeune de l’équipe, Albin Rey, que j’ai confié ces jetons et mes dessins.
Je n’ai rien retrouvé concernant ces « sets ». Je compte donc sur vous pour combler cette lacune ! Je n’ai également aucune idée des tirages de ce qui fut, pour moi, une agréable récréation…

PS :

Albin m’a demandé qui était cette Alina dont j’avais noté le numéro de téléphone ! C’était une étudiante Roumaine que nous avions hébergé pendant son année Erasmus à Paris. (Elle a changé de téléphone depuis longtemps…)

Liens utiles

Fig. 03 :Jeton Petit-Prince, Numista
https://fr.numista.com/catalogue/pieces201491.html

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