Les légataires

Albin REY

Etudiant

Bonjour, je m’appelle Albin Rey, j’ai 15 ans. J’habite dans la Drôme, en France.

Je collectionne les monnaies depuis l’âge de 10 ans. J’ai toujours été très curieux et j’ai toujours aimé accumuler des objets en tout genre jusqu'à ce que je sache la signification de collection. Je suis passé par les cartes Pokémons, les pierres, les timbres, les cartes postales et d’autres choses. Passionné d’histoire et d’anecdotes, j’ai été totalement happé par les monnaies. Lors d’un déménagement, j’ai retrouvé un petit lot d’anciens francs. J’ai alors commencé à m’intéresser à celles-ci. Très vite, j’ai voulu me renseigner sur Internet et notamment sur YouTube. J’ai constaté que des collectionneurs s’y exposaient avec leurs collections. J’ai donc eu envie d’en faire autant en commençant la chaine YouTube de « Le Numismate ». J’ai réalisé des vidéos sur la numismatique française en particulier présentant monnaie par monnaie ses caractéristiques à l’aide d’un livre numismatique « Le Franc ».

Au fil des vidéos, j’ai pu rencontrer des personnes très intéressantes comme Joël Bert qui m’ont transmis leurs connaissances et leurs savoirs en matière de collection et de numismatique. Encore aujourd’hui j’apprends de ses personnes. J’aimerais ici remercier ces personnes comme Joël, Bruno, Maxime et j’en oublie, qui m’ont aidé, renseigné, et qui le font encore aujourd’hui, UN GRAND MERCI.  Je pense que c’est également cela qui m’a donné la passion et l’envie de continuer à avancer dans le domaine de la collection. Je me suis ensuite inscrit sur Facebook pour participer sur des groupes de numismates. J’ai pu acquérir grâce aux concours fréquents, sur ces groupes, des connaissances diverses. Plus tard, j’ai décidé de quitter le monde de Facebook. J’y suis ensuite revenu un an plus tard avec plus de maturité, sur un compte personnel. Ma collection avait évolué, mes connaissances aussi. J’ai pu découvrir entre temps en mars 2017 la bourse numismatique de Toulouse à Aucamville et faire la joyeuse connaissance de Joël Bert, in situ, et d’autres numismates. Ensuite, sur Facebook je me suis réinscrit dans les groupes de numismates et je suis tombé sur un certain Jean-Luc Maréchal ; c’est alors que, le 18 octobre 2017, j’ai fait sa connaissance virtuelle sur Messenger, ainsi que de son histoire. Un groupe avait été créé, celui de  « la 10 francs Génie et toutes ces histoires » . Très heureux et impressionné de cette rencontre. Nous avons échangé presque tous les jours au sujet de son ancien métier et de ses activités. J’ai beaucoup appris, encore aujourd’hui je regarde nos premiers messages et je suis ému. Ému de voir comment Jean-Luc a accepté que toute une « tribu de numismates enragés et en soif d’apprentissage » s’intéresse à lui, ému de constater son envie de partage et de transmettre son savoir, ému de pouvoir être aussi proche (virtuellement) d’un acteur historique et culturel, qui était resté trop longtemps dans l’ombre, un acteur si important dans notre passion, mais aussi dans la vie de tous les jours de plusieurs millions de personnes. Des discussions simples, mais aussi des appels téléphoniques parfois. Entre nous, il y a un bon feeling et une proximité des échanges, Jean-Luc est quelqu’un qui a beaucoup d’humour, ce qui me permet de beaucoup plaisanter avec lui. Je le considère en cachette un peu comme mon papy J . Il y a également eu une coïncidence, un des frères de Jean-Luc habitait à 5 min de chez moi. Ce qui a permis à Jean-Luc de me rencontrer très facilement quand il est venu dans le Vaucluse pour lui rendre visite. Jean-Luc Maréchal m’a donc rencontré le 18 novembre 2017 autour d’un café, à mon domicile (plus précisément, chez ma mère). Il m’a transmis au long de cet après-midi inoubliable une partie historique de la numismatique ; entouré d’anecdotes et de paroles du métier.   Sur la question de savoir pourquoi j’ai eu le privilège de devenir légataire. Je ne sais pas, peut-être qu’il me considère comme son petit fils ? Quand j’ai appris la nouvelle je ne savais pas trop ce que voulais signifier « légataire » à quoi cela engageait, quelles responsabilités ? J’ai vite compris que cela était une tâche importante et un bout d’histoire digne d’un musée qui m’était transmise ce jour. Que Jean-Luc Maréchal m’adressait aussi une partie de sa vie dans ce legs. Une immensité d’idées et de projets m’a traversé l’esprit, pour le mettre en valeur et le faire découvrir. J’ai quand même été un peu mal à l’aise avec la réception de ces trésors, pourquoi moi et pas un autre ? Si je n’arrive pas à le partager… si je l’abime… Apportant, en plus de cela, une attente déterminée des personnes non- légataires. J’ai mis du temps à le partager sur les réseaux, premièrement car mon appareil photo était de mauvaise qualité (et vous savez comment les collectionneurs et numismates en particulier sont attachés à la qualité des photos). Deuxièmement, je me suis posé des questions telles que : comment présenter aux autres ce legs, comment le mettre en place pour que tous le comprennent (malheureusement, je ne suis pas manuel ce qui n’a pas arrangé la chose… Restant tout de même présent sur les groupes et sur les moyens de communication avec les personnes, j’ai diffusé mon legs auprès d’autres collectionneurs de ma région quand j’en avais l’occasion. Le geste fut apprécié. S’en est suivi également la suppression de certaines de mes vidéos de ma chaine You Tube, car la qualité ne permettait pas que je les laisse ainsi. J’entame, à ce jour, un travail fastidieux depuis le début du confinement sur la mise en valeur du legs sur YouTube pour un peu « recommencer » mes vidéos. La bourse numismatique annuelle de Aucamville aura joué un réel tournant dans ma vie de numismate et de simple collectionneur également, c’est donc pour cela que j’aimerai encore une fois remercier Bruno Visentini et les organisateurs pour cette magnifique bourse qui sévit chaque année dans le SUD-OUEST. Je ne voudrais pas également oublier les participations exceptionnelles de Jean-Luc Maréchal (Papa de la 10 Francs Génie) aux Bourses numismatiques du Grand Toulouse avec ses 3 légataires, exposant les objets dans le but d’en parler et de montrer l’histoire. Apportant un côté historique et technique aux monnaies. Un peu l’envers du décor !  En 2020, cela aurait dû être la 3e année que Jean-Luc et son équipe se seraient rendus sur la bourse du Grand Toulouse, mais en raison du COVID -19 elle a été annulée. Rendez-vous en 2021.

Je vais, maintenant, vous détailler au mieux mon legs qui m’a été transmis à l’issue de la rencontre « au sommet » le 18 novembre 2017 dans la Drôme : Un projet pour la pièce de 10 francs de 1985 participant au concours monétaire VICTOR HUGO : contenant 3 calques reliés par un trombone rouillé ; 100mm. Une face et deux revers différents de la monnaie imaginée par Jean-Luc. Un papier carton montrant le projet final au propre, format A4, le projet a été refusé par le jury. Au dos du carton du projet final, nous constatons que le jury n’a même pas retiré le cache avec les coordonnées de Jean-Luc Maréchal.

  • Un projet pour la 100 francs Zola – Germinal 1985. Le dossier contient : 4 calques de la monnaie proposée par Jean-Luc Maréchal ; 100mm. Le projet final présenté au concours devant le jury, classé second. Gravure en taille directe d’après les dessins de Lebreton classé 1er , donc choisi pour ses dessins. Face Jean-Luc Maréchal, Revers : Jean-Louis Coppin. Deux épreuves en plomb, face et revers argentés. Deux épreuves en plomb face et revers, bruts ; plombs définitifs avec nom de l’auteur signé au revers : fleurette AGMM et Lebreton. Avec un peu de lecture classique : trois tomes (édition) Germinal, de Zola Édition Flammarion 1935.
  • Un projet de 10 euros « Le Dakar » 2007 : Les dessins face et revers imaginés par Jean-Luc Maréchal, du 18 mai 2006 et le plâtre de la face ; 120mm. Monnaie malheureusement pas éditée ; parfois cela se produisait, un client ou les commerciaux de la Monnaie de Paris demandaient un projet et ne donnaient pas suite, sans explications. Les dessins eux n’étaient pas facturés par la Monnaie aux clients.
  • Projet de la « médaille de l’Assemblée Nationale » 2002 : Participation au concours national par Jean- Luc Maréchal. Un dossier du règlement du concours adressé, de 3 pages. Un document d’une des figures situées à la tribune de l’Assemblée. Avec en plus de cela, un résultat du concours : classé second. Un tirage papier du projet déposé, face et revers ; 100mm et 50 mm avec également trois plâtres : face en creux et en relief, et revers en relief.
  • Projet 10 Francs Génie de la Liberté 1988, dernière monnaie gravée en taille directe, avec la 20 francs Mont-Saint-Michel ; une photographie du Génie par Henri Muzialek ; un tirage d’un projet avec le génie et la France en fond. Avec deux films d’exécutions pour le revers de la monnaie définitive. Un plomb d’empreinte de l’avers de la monnaie définitive Génie. NB (;) Le génie est à peu près fini, les stries pas encore gravées.
  • Projet 1 franc, commémorant le débarquement en Normandie le 6 juin 1944, 50e anniversaire : trois pages du règlement de la consultation. Six calques de la monnaie imaginée par Jean-Luc Maréchal. Trois dessins sur papier de la monnaie. Onze feuillets, réductions monnaie numérisée, avers et revers. — Un prospectus sur le débarquement, photo du débarquement, atlas des plages du débarquement. Le dessin ne sera pas retenu.
  • Projet de réalisation d’une pièce ou médaille commémorant le bicentenaire de l’abandon de tous les privilèges 1789/1989 ; une résine dure sur l’abolition des privilèges.
  • Une pièce de 5 sols Monneron, An 4 ; 1792, percée ; 40 mm, en bon état.
  • Projet d’un jeton  « Provence » contenant 9 feuilles format A4 : une note de Brigitte Larcher du 21 octobre 2003, première analyse du travail a faire, premier croquis, 2e croquis, projet 1.0 du 6.11.2003 ; projet 1.2, du 6.11.2003, choisi pour réalisation ; calques pour la séparation des 6 couleurs, et une étape antérieure, avec un seul arbre. Pour terminer, nous retrouvons le jeton dans la boîte en parfait état. 27mm.
  • Projet de jeton Tour Eiffel, contenant 3 feuilles A4 ; 4 projets 1.1 du 13.01.2003 ; projet 1.3B du 10.02.2003 ; projet 1.4 du 10.02.2003 projet choisi. Et également le jeton dans sa boîte avec le jeton de Provence ; 27mm.
  • Un bouton de manchette « la Liberté guidant le peuple » d’après Delacroix ; 17mm
  • Un bouton de manchette « Baron Pierre de Coubertin » signé Ponce Buquoy 17mm
  • Une médaille avec anneau ; 51 mm en métal : Académie contemporaine des Beaux-Arts.
  • Une décoration avec ruban : Commémoration du débarquement en Normandie, Overlord ; 35mm, dessins Jean-Luc Maréchal
  • Une décoration avec ruban : Médaille du travail « argent » argentée abimée : gravures personnalisées au laser JL Maréchal 1992
  • Une médaille « alimentaire » Gan Assurances ; 68mm ; poinçonnée sur la tranche AGMM. Réalisation JLM. Possède deux cartons de présentation.
  • Une médaille « alimentaire » DST 1978 ; 71mm ; dessin et gravures JLM ; signé JL Marechal ; possède 1 photo avers et une présentation revers.
  • Une médaille « alimentaire » Bis 1981 ; 81 mm  ; dessin et gravure  ; signée JL Marechal  ; possède 2 photos et 1 présentation cartonnée
  • Une médaille « alimentaire » INRA ; 68mm ; dessin et gravure ; signé JL Marechal
  • Carte d’identité de fonctionnaire de la Monnaie de Paris datée du 5.7.1977 au numéro 204
  • Carte orange dont JLM se servait quotidiennement de 1977 à 2006 pour se rendre de Savigny-le-Temple à la Monnaie de Paris. Fiche comprenant un plan et une fiche de l’évolution des tarifs à l’intérieur.
  • Une photo des graveurs de l’atelier lors du départ du stagiaire Chinois : Po-Chin Lau.
  • Une blouse de graveur encore dans sa pochette, sans la sueur du maître !
  • Quelques documents de la Monnaie de Paris : pub « Laissez-nous graver » ; Journal de la Monnaie.
  • Quelques livres sur les monnaies et médailles, de la Monnaie de Paris : Métal Pensant 1990 ; Club Français de la médaille 1973 ; Club Français de la médaille 1972 ; Métal Pensant 1987 ; Métal Pensant 1989 ; L’invisible dans la médaille ; Métal Pensant 1989 : … Et la pierre devient métal.

Voilà pour le contenu détaillé de mon legs. Je tiens, comme les autres légataires, à faire la promotion perpétuelle du patrimoine obtenu, de montrer et d’expliquer comment cela a été réalisé, dans quel but… Ce morceau d’histoire, comme je l’appelle, mériterait d’être exposé dans un musée, d’être critiqué et analysé telle une œuvre d’art, l’artiste en mérite les bienfaits. Les articles cités ci-dessus sont à retrouver sur le site Internet en photos et en explications. Mon legs tout d’abord, il en est d’existence publique. Je ne considère pas totalement que ces objets m’appartiennent, je me considère plutôt comme un passeur d’histoire, passeur de cette histoire, et de son temps et qui a besoin aujourd’hui d’être transmis et partagé. Quand je serai âgé, lorsque je considèrerai ma mission de « passeur d’histoire » accomplie, je l’espère , et je léguerai à mon tour à un jeune qui comprendra l’intérêt de ces objets, de leurs histoires, en s’engageant également à transmettre à son tour ce précieux patrimoine. À moins que ce legs ne se retrouve dans un musée (qu’en penses-tu, Jean-Luc ?). Pour finir, je tenais encore une fois à remercier JLM. Sans lui rien de tout cela n’aurais été possible, et rien de tout cela existerait. Merci pour le temps que tu y consacre, merci pour tous les heureux que tu fais !

Merci.

Albin Rey